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Extranet du syndic : ce qu'il doit mettre en ligne

Un espace en ligne vide depuis des années, et un syndic qui répond que les documents sont "confidentiels" : la situation revient souvent. Elle ne correspond pourtant pas à ce que dit la loi. L'accès en ligne aux documents de la copropriété est une obligation du syndic professionnel, et la confidentialité n'est pas une porte de sortie : le texte organise justement la confidentialité par des niveaux d'accès différents selon les documents. Ce guide dit ce qui est dû, à qui, et comment le demander.

Ce que dit la loi

L'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 énumère les missions du syndic. Parmi elles, celle "de proposer, lorsque le syndic est un syndic professionnel, un accès en ligne sécurisé aux documents dématérialisés relatifs à la gestion de l'immeuble ou des lots gérés, sauf décision contraire de l'assemblée générale prise à la majorité de l'article 25 de la présente loi".

Trois choses se lisent dans cette seule phrase.

L'obligation vise le syndic professionnel. Un syndic bénévole n'est pas concerné par cette mission.

La seule exception prévue par le texte est une décision contraire de l'assemblée générale, prise à la majorité de l'article 25 de la loi. Pas une appréciation du syndic, pas une clause de son contrat, pas un usage : un vote de l'assemblée. Tant que ce vote n'existe pas, l'obligation tient.

La confidentialité n'y figure pas comme exception. Le même article poursuit d'ailleurs : "Cet accès est différencié selon la nature des documents mis à la disposition des membres du syndicat de copropriétaires ou de ceux du conseil syndical." Le texte ne ferme donc pas l'accès au nom de la confidentialité, il le segmente. Il ajoute enfin qu'un décret "précise la liste minimale des documents devant être accessibles en ligne dans un espace sécurisé".

Ce décret existe : c'est le décret n°2019-502 du 23 mai 2019, relatif à la liste minimale des documents dématérialisés concernant la copropriété accessibles sur un espace sécurisé en ligne.

Les trois niveaux d'accès

Le décret organise l'espace en ligne en trois cercles, un par article.

Ce qui est accessible à tous les copropriétaires

L'article 1er du décret fixe la liste minimale des documents accessibles à l'ensemble des copropriétaires. C'est le socle commun de l'espace en ligne : tout copropriétaire y accède, sans avoir à le demander au cas par cas. Le détail de cette liste figure dans le texte du décret, à consulter directement.

Ce qui est réservé au copropriétaire concerné

L'article 2 vise les documents relatifs au lot d'un copropriétaire, mis à la seule disposition de ce copropriétaire. Le compte individuel en fait partie. C'est ici que se joue la confidentialité entre voisins : votre compte n'est pas visible par les autres, et le leur ne l'est pas par vous.

Ce qui est réservé aux membres du conseil syndical

L'article 3 prévoit une liste renforcée, accessible aux seuls membres du conseil syndical. Elle comprend notamment la liste de tous les copropriétaires établie en application de l'article 32 du décret du 17 mars 1967, la carte professionnelle du syndic et son attestation d'assurance responsabilité. Là encore, la liste complète se lit dans le décret.

Ce troisième niveau explique pourquoi un conseil syndical n'a pas les mêmes attentes qu'un copropriétaire isolé : ce sont des documents de contrôle, cohérents avec la mission du conseil syndical, détaillée dans notre guide sur le rôle et les pouvoirs du conseil syndical.

La marche à suivre quand rien n'est en ligne

Une demande écrite qui cite le texte

Adressez au syndic une demande écrite, en recommandé avec accusé de réception, qui cite l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 et le décret n°2019-502 du 23 mai 2019. Le recommandé n'est pas une formalité de style : il date l'envoi et la réception, ce qu'un email ne fait pas avec la même force. Demandez précisément ce qui manque, et pour quel niveau d'accès.

Notre guide sur la mise en demeure du syndic détaille la forme à donner à ce type de courrier lorsque la demande simple est restée sans effet, et notre guide mon syndic ne répond pas reprend le parcours complet, de la première relance jusqu'aux recours, en précisant à chaque étape ce que la loi impose vraiment.

L'inscription à l'ordre du jour de l'assemblée générale

Si le silence persiste, la question se pose là où elle se tranche : à l'assemblée générale. Demandez son inscription à l'ordre du jour, en joignant l'historique des demandes restées sans réponse. L'assemblée est aussi le seul endroit où une décision contraire pourrait être prise, à la majorité de l'article 25 : autant que le sujet y soit discuté en connaissance de cause.

Consigner chaque demande et chaque silence

Notez la date de chaque demande, sa forme, ce qui a été demandé, ce qui a été répondu, et à quelle date. Un silence daté vaut autant qu'une réponse : c'est ce qui transforme une impression ("il ne fait rien") en un historique vérifiable. Notre guide sur les délais de réponse du syndic précise ce que la loi impose obligation par obligation, et ce qu'elle n'impose pas.

Pourquoi la trace écrite compte au moment du renouvellement

Le contrat de syndic revient au vote. À ce moment précis, un conseil syndical qui présente des dates, des courriers et des absences de réponse ne discute plus de ressenti : il présente des faits. C'est ce qui permet de comparer sérieusement les offres, ou de décider de ne pas renouveler. Nos guides sur la dénonciation d'un contrat en copropriété et sur la tacite reconduction expliquent comment tenir cette échéance.

Foire aux questions

Le syndic peut-il refuser l'accès en ligne en invoquant la confidentialité ?

L'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 ne prévoit qu'une exception à cette mission du syndic professionnel : une décision contraire de l'assemblée générale prise à la majorité de l'article 25. La confidentialité n'y figure pas. Le texte prévoit au contraire un accès différencié selon la nature des documents, et le décret n°2019-502 du 23 mai 2019 organise cette différenciation.

Quels documents doivent être accessibles à tous les copropriétaires ?

L'article 1er du décret n°2019-502 du 23 mai 2019 fixe la liste minimale des documents accessibles à l'ensemble des copropriétaires. Le détail de cette liste se lit directement dans le texte du décret, qui distingue ce socle commun des documents réservés au copropriétaire pour son lot et de ceux réservés au conseil syndical.

Le conseil syndical a-t-il accès à plus de documents que les autres copropriétaires ?

Oui. L'article 3 du décret n°2019-502 prévoit une liste renforcée accessible aux seuls membres du conseil syndical, qui comprend notamment la liste de tous les copropriétaires établie en application de l'article 32 du décret du 17 mars 1967, la carte professionnelle du syndic et son attestation d'assurance responsabilité.

Que faire si le syndic ne met toujours rien en ligne ?

Envoyer une demande écrite en recommandé avec accusé de réception citant l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 et le décret n°2019-502, puis demander l'inscription du sujet à l'ordre du jour de l'assemblée générale si le silence persiste. Chaque demande et chaque absence de réponse se consignent avec leur date.

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